Comme d’habitude il y aurait beaucoup a en dire mais je vais me concentrer sur ce qui me vient en priorité, en fonction de ma propre expérience.
En ce qui concerne l’affaire des seize enfants séquestrés, je voudrais prendre un peu la défense de la maman. Quand notre vie entière se résume à être le sac à f*** d’un porc, on dissocie très intensément pour survivre à l’horreur.
Quand j’ai vu la photo de cette femme, deux choses m’ont frappé. La première c’est sa nette différence avec les trois autres membres. Elle n’a pas les traits d’une congénitale dégénérée, bien au contraire. Dune manière un peu simpliste et caricaturale, on dirait une princesse qui serait tombée dans la bouillasse.
La deuxième c’est la tristesse abyssale qu’elle porte dans son regard. Et j’ai mal pour elle, parce que maintenant qu’elle est délivrée de l’emprise de ses bourreaux, elle devra bientôt faire face à la remontée de sa mémoire traumatique d’une part, et de la reconnexion progressive de ses parties dissociées de l’autre, ce qui montrera l’image d’ensemble à sa conscience. C’est une épreuve terrible que je ne souhaite à personne, et si comme je le pense cette femme avait de base un potentiel humain de qualité, elle n’en sera que plus atroce à consommer, si tant est qu’elle y arrive sans perdre les pédales.
Donc pour moi, quand elle s’inquiète en larmes de l’état de ses enfants, je la crois. Il s’agit sans doute de l’alter Mère en elle, qui a été refoulée, écrasée par l’unique rôle qu’on lui ait jamais attribué, celui d »être la putain de la Bête.
J’espère de tout coeur que cette maman et ses enfants arriveront à se reconstruire et couler des jours plus paisibles et heureux que ce qu’ils ont connu jusqu’à présent.